L'Union européenne vient de proposer un cadre qui permettrait aux villes de limiter les locations courte durée dans les zones sous pression immobilière. Chypre n'a encore rien interdit, mais je t'explique pourquoi cette évolution mérite ton attention si tu envisages un investissement locatif sur l'île. Avant d'acheter un appartement destiné à Airbnb, je te conseille de faire deux calculs : un avec la location touristique, un avec la location à l'année. Si ton projet ne tient que grâce à Airbnb, tu dépends entièrement d'une règle politique que tu ne contrôles pas. Ce n'est pas pour demain, mais c'est le genre de risque qu'on garde dans un coin de la tête.
Avant tout, soyons clairs : aucune interdiction d'Airbnb n'a été décidée à Chypre. Mais une évolution réglementaire est en cours au niveau européen, et elle concerne directement les investisseurs qui misent sur la location saisonnière. Voici ce que tu dois comprendre.
Le 9 décembre 2026, la Commission européenne a présenté une nouvelle proposition appelée « Affordable Housing ». L'objectif est simple : donner aux gouvernements et aux autorités locales les outils pour encadrer les locations de courte durée dans les zones où les habitants peinent à trouver un logement.
Chypre est directement concernée. En 2025, l'île a enregistré environ 7,64 millions de nuitées réservées via des plateformes comme Airbnb, Booking ou Expedia. C'est une hausse de plus de 25 % en une seule année. Ces chiffres illustrent le poids de la location touristique dans l'économie chypriote, mais soulèvent aussi une question : une partie des logements destinés aux habitants est-elle progressivement absorbée par le marché touristique ?
C'est précisément ce que l'Union européenne veut permettre aux autorités locales de vérifier et, si nécessaire, de corriger.
Avec ce nouveau cadre, une ville ou un gouvernement pourrait limiter les locations de courte durée dans les zones sous forte pression immobilière. Ces restrictions pourraient prendre plusieurs formes :
Mais attention, les autorités ne pourront pas décider d'interdire Airbnb du jour au lendemain. Elles devront démontrer que les locations touristiques ont eu un effet négatif important sur le prix ou la disponibilité des logements pendant au moins trois ans. Elles devront aussi prouver qu'une mesure moins restrictive ne suffirait pas. Les éventuelles restrictions devront être justifiées, ciblées et proportionnées.
Depuis mai 2026, de nouvelles règles européennes obligent les plateformes comme Airbnb ou Booking à transmettre davantage d'informations aux autorités. Les gouvernements pourront désormais mieux connaître le nombre réel de locations actives, leur fréquence et les quartiers les plus concernés. Le contrôle du marché va devenir plus précis, ce qui facilite potentiellement la prise de décisions réglementaires à l'avenir.
Aujourd'hui, certains appartements à Chypre sont vendus avec des projections de rentabilité basées presque entièrement sur Airbnb. On te présente un prix à la nuit, un taux d'occupation, un revenu annuel potentiel. Le problème, c'est que si la réglementation change, ce calcul peut devenir totalement différent.
Prenons un exemple concret. Tu achètes un appartement en pensant le louer 120 euros par nuit pendant la saison touristique. Sur le papier, le rendement est intéressant. Mais si la ville limite ensuite le nombre de jours autorisés ou impose de nouvelles conditions, tes revenus baissent. Et si ton projet n'est rentable qu'avec Airbnb, ton investissement dépend entièrement d'une décision politique que tu ne contrôles pas.
Le risque est potentiellement plus élevé dans les zones touristiques où les loyers et les prix immobiliers ont fortement augmenté, car ce sont précisément ces zones qui pourraient être visées en priorité par les autorités locales.
La conclusion pratique est simple. Avant d'acheter un logement destiné à la location saisonnière, il faut préparer deux simulations :
Si le projet est rentable dans les deux cas, tu peux avancer sereinement. Si le projet ne tient que grâce à la location courte durée, alors il faut être prudent. Tu prends un risque réglementaire que tu ne maîtrises pas.
Pour l'instant, Chypre n'a rien annoncé. Aucune liste de villes ou de quartiers concernés n'a été publiée. Il serait faux d'affirmer qu'Airbnb va être interdit sur l'île. La proposition européenne crée uniquement un cadre qui permettrait à Chypre d'agir plus facilement si elle démontre l'existence d'une véritable pression sur le marché du logement.
Et même si des restrictions venaient à être mises en place un jour, ce ne serait pas pour l'année prochaine. Ce serait une évolution progressive, avec des obligations de justification et de démonstration sur plusieurs années.
Par ailleurs, Chypre attire de plus en plus d'expatriés. La demande pour la location longue durée est réelle et tend à progresser, tout comme les prix des loyers mensuels. Un appartement bien situé ne restera donc pas vide si Airbnb venait à être limité.
Le message final est donc celui-ci : ne construis pas ton investissement sur une seule hypothèse réglementaire. Garde cet élément dans un coin de ta tête, prépare tes deux scénarios, et tu seras en position de décider en connaissance de cause.
Non, aucune interdiction n'a encore été décidée. La proposition européenne 'Affordable Housing' du 9 décembre 2026 crée seulement un cadre qui permettrait aux autorités locales d'encadrer les locations de courte durée si elles prouvent une pression immobilière réelle sur au moins trois ans. Il serait donc faux d'affirmer qu'Airbnb va être interdit à Chypre.
Les autorités devront démontrer que les locations touristiques ont un effet négatif important sur les prix ou la disponibilité des logements pendant au moins trois ans. Elles devront également prouver qu'une mesure moins restrictive ne serait pas suffisante. Toute restriction devra être justifiée, ciblée et proportionnée.
Si des restrictions sur Airbnb sont imposées, les projections de rentabilité basées uniquement sur la location saisonnière pourraient devenir totalement différentes. Par exemple, si une ville limite le nombre de jours de location autorisés, les revenus prévus vont baisser. Il est donc conseillé de vérifier que l'investissement reste rentable même avec une location classique à l'année.
Depuis mai 2026, de nouvelles règles européennes obligent les plateformes à transmettre davantage d'informations aux autorités locales. Les gouvernements pourront ainsi mieux connaître le nombre réel de locations, leur fréquence et les quartiers les plus concernés. Cela rend le contrôle du marché de la location touristique beaucoup plus précis.
Non, cela ne signifie pas qu'il faut éviter la location saisonnière, mais il faut simplement anticiper deux scénarios : un avec la location touristique et un autre avec la location à l'année. Si l'investissement est rentable dans les deux cas, il n'y a pas de problème. De plus, la demande locative à long terme reste forte car de nombreuses personnes s'expatrient à Chypre et les loyers mensuels continuent d'augmenter.